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L'alimentation
Par Marie-Odile GRENECHE,
Diététicienne
Hôpital Robert Debré, Paris.
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Pour aller dans le sens des Cahiers de lAJD publiés en 1999 sur lalimentation, il nous a paru intéressant de demander à Marie-Odile Greneche, diététicienne à lhôpital Robert Debré et membre très actif de la commission pédagogique de lAJD qui a conçu ces Cahiers, de présenter les messages définis.Les Cahiers de lAJD consacrés à lalimentation ont été réalisés par une équipe de diététiciens et de médecins de toute la France. Ces cahiers donnent des informations, des conseils généraux valables globalement pour tous. Mais ces conseils doivent être adaptés à chaque enfant en fonction de ses propres particularités avec laide de son diététicien et de son médecin. De plus, pour aider les familles à mieux accepter ces conseils et à les suivre à long terme, il faut tenir compte de toute la dimension psycho-affective de lalimentation et de toutes les habitudes alimentaires régionales ethniques et culturelles dans la mesure du possible.
Pourquoi parler de lalimentation quand on a un diabète ?
Lalimentation est un élément important :
1- dans la vie : en particulier pour couvrir tous les besoins de crois-sance de lenfant.
2- dans le traitement du diabète : - Normalement le pancréas adapte la quantité dinsuline aux besoins: Une quantité faible entre les repas, et plus importante après chaque repas.- Mais dans le diabète, une fois que linsuline est injectée, on ne peut pas manger nimporte quoi et nimporte quand. En effet, une alimentation anarchique (au niveau du choix et des quantités daliments, des rythmes des repas) entraîne des grandes variations glycémiques aussi bien hypo qu "hyper".
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Avec le diabète, lalimentation doit être équilibrée.
Actuellement, est- ce que lalimentation est spontanément équilibrée ?
- Souvent non, et pour diverses raisons:
1 - Face à la surabondance des aliments mis à notre disposition, à la complexité de leur composition, à la publicité, il est de plus en plus difficile de faire un bon choix.
2 - Les modes alimentaires (en particulier la restauration rapide), les différents lieux des repas (fast-food, cafétéria, cantine, distributeur
) multiplient ces difficultés.
3 - Le grignotage (chez soi devant la TV, à lextérieur avec les copains
) contribue également au déséquilibre alimentaire.
- Les erreurs alimentaires les plus fréquemment retrouvées sont:
1- Trop de:
- calories
- protides (viande-fromage
)
- graisses (friture-chips-charcuterie- fromage)
- sucre (boissons sucrées-confiseries-viennoiseries
).
2- Pas assez de :
- féculents, légumes, fruits.
- laitages simples (yaourt, suisse, fromage blanc)
- deau.
3- Des rythmes alimentaires perturbés par un grignotage en augmentation.
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Lévaluation de lalimentation spontanée de chaque enfant est donc indispensable afin de connaître ses habitudes et de les modifier dans le but de lui proposer une alimentation équilibrée adaptée à ses besoins.
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Comment faire pour avoir une alimentation équilibrée?
1- En premier, connaître les aliments, pour mieux les choisir. Ils sont classés en 6 groupes en fonction de leur composition nutritionnelle.
2- Puis apprendre à composer les repas principaux (petit déjeuner, déjeuner, dîner) en sachant que tous ces groupes doivent être présents dans de bonnes proportions, cest-à-dire en quantité suffisante, sans excès. (voir Cahier n°21 page III, Cahier n° 22 page III et page IV).
Actuellement les aliments dorigine végétale (féculents, produits céréaliers, légumes, fruits) sont à augmenter, à réhabiliter. Par contre certains aliments dorigine animale, riches en graisses, sont à diminuer (charcuteries, fromage, viande, desserts lactés).
Ces conseils sont valables pour toute la famille mais les produits sucrés sont plus limités et doivent être consommés à bon escient chez lenfant qui a un diabète. Les points particuliers avec le diabète.
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1- La collation de la matinée
(voir Cahier n° 22 page V, page VI, page VII, page VIII). En fonction du choix de linsulinothérapie, elle peut être indispensable pour éviter les hypoglycémies en fin de matinée. A ce moment-là, lenfant tolère très bien un aliment contenant des féculents et du sucre (exemple biscuit).
Cette collation doit être pratique à emporter et surtout adaptée à lâge, aux activités physiques et aux besoins de lenfant (le choix est à déterminer avec léquipe soignante).
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2- La collation du soir
(voir Cahier n° 22 page IX) peut être justifiée dans certaines circonstances (dîner insuffisant, glycémie au coucher limite
).
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3- Le goûter
(voir Cahier n° 22 page X, page XI).
coïncide avec le moment ou linsuline est peu active, et pour éviter les hyperglycémies avant le dîner, il est impératif de choisir un goûter contenant peu ou pas de glucides.
- Il ne correspond plus au goûter " habituel " riche en glucides (produits céréaliers, produits sucrés), et les choix sont limités :
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1 produit laitier non sucré
±
1 fruit
ou pas de goûter
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Quelques moyens à connaître si ce goûter devient insuffisant ou trop monotone:
- Avoir un déjeuner
suffisant pour éviter une faim importante au moment du goûter.
- utiliser des produits light (yaourt-boissons).
- faire une injection dinsuline rapide (goûter plus copieux, plus varié).
- avoir une activité physique avant ou après le goûter (goûter plus consistant).
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règle simple
Crudités
+ assiette de féculents
sans pain
+ fruit
=
Crudités
+ assiette de légumes
avec pain
+ fruit
=
Crudités
+ assiette moitié féculents
et moitié légumes
avec un peu de pain
+ fruit.
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4- Les quantités
(voir Cahier n° 23 page X).
Afin déviter de grandes variations glycémiques, les aliments riches en glucides (féculents,
produits céréaliers, légumes secs) indispensables sont à consommer en quantités régulières dun jour à lautre.
En pratique lapport relativement constant de glucides se fait en modulant la quantité de pain en fonction de la présence de féculents ou de légumes à ces repas, à laide de cette règle simple.
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5- Les produits sucrés
(voir Cahier n° 23 page XI).
Les produits sucrés complexes (associés à des protides, des lipides, de lamidon voir Cahier n° 20 p IX) peuvent être consommés en quantités modérées, sous condition dun résultat glycémique satisfaisant et leur choix est
fonction :
- de la cinétique des insulines
- de lintensité et de la durée des efforts physiques
(cest un sujet à discuter avec léquipe soignante).
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En conclusion :
Un changement durable du comportement alimentaire sobtient progressivement et ne dépend pas seulement du savoir et du savoir faire, mais dépend également de lintéraction de nombreux facteurs (âge, environnement familial, scolaire, dimension psychoaffective) qui doivent être pris en compte par toute léquipe soignante.
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